Spirou animé

 

 1. Du DA à la BD, puis de la BD au DA

(DA = Dessin Animé, BD = bande Dessinée)

 

Dans les années quarante, les piliers du journal, Franquin en tête, Morris, Peyo et Paape ont commencé leur carrière dans un studio belge de dessin animé appelé CBA (Compagnie Belge d’Actualités).  En 1962 Jijé oeuvre sur un projet de dessin animé avec Guy Bara, en travaillant avec des ombres chinoises sur l'écran de cinéma d'une salle obscure. Les deux compères feront même un second essai de dessin animé intitulé "Max et le Gorille". Dans les années 60, Roba réalise avec Goossens un dessin animé de Boule et Bill. Nic Broca, avant de reprendre pour quelques épisodes Spirou,  a travaillé aux studios Belvision en 1966 et a participé aux grandes productions de cette firme. Raoul Cauvin, en 1960,  débuta comme caméraman dans le département dessins animés des éditions Dupuis. C'est durant ces années qu'il se découvre une autre passion, le scénario.

 

Midam (Kid Paddle), Laudec (Cédric), De Gieter (Papyrus), Stéphane Colman (Billy the Cat), Morris (Lucky Luke), Batem (Marsupilami), De Gieter (papyrus)  et bien d'autres artistes du journal ont accepté que soient adaptés plus ou moins librement leurs albums pour créer des véritables séries de dessins animés.

Supplément au n°1976

 

 

 

 

Le plus gros succès est incontestablement celui de Peyo. Dans les années 80, avec les éditions "Dupuis" Peyo porte l'histoire de "La Flûte à six Schtroumpfs" à l'écran.

 

 Ce fut un formidable accélérateur pour les Schtroumpfs qui étaient apparus pour la première fois dans cette histoire de Johan et Pirlouit. D'autres illustres dessinateurs du journal de Spirou ont contribué à la fabrication de ce long métrage : Lucien De Gieter, Marc Wasterlain, Derib, Albert Blesteau et Benn.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Editions Dupuis ont lancé des essais et soutenu, voir produit, des dessins animés. Elles ont en particulier et c'est bien le moins, produit une série basée sur les personnages maison, Spirou et Fantasio. Les éditions Dupuis jouent pleinement la carte dessins animés. Elles ont en effet constaté que les multiples diffusions des dessins animés en France comme en Belgique dopent les ventes des albums des séries portées à l'écran.

 

Couverture Spirou 3634

 

 

 

 

 

Si de nombreux dessinateurs et scénaristes, dont les plus illustres, ont commencé leur carrière dans le dessin animé. Ironie de l'histoire, la notoriété de leur oeuvre les conduit un jour ou l'autre à revenir au dessin animé en portant leurs propres créations à l'écran. Ils permettent à leur tour à de nouveaux jeunes, en collaborant à ces oeuvres industrielles, de se lancer dans le monde de la bande dessinée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette proximité des deux domaines artistiques, BD et DA, a plusieurs conséquences :

- artistiques : la pratique du dessin animé conduit ces auteurs à développer une grande clarté de trait, une mise en page qui accompagne les mouvements, des qualités de coloristes, un nouveau sens du gag ; on peut d'ailleurs penser que cet impact  n'est pas totalement étranger à leur succès.

 

Spirou 497

 

 

 

 

 

 

 

 

- et puis il y a des effets amusants : regardez bien, les personnages des aventures de Lucky Luke (Morris),  ils n'ont que quatre doigts. Ceci montre l'influence énorme qu'à eu Walt Disney sur tous ces dessinateurs, qui le reconnaissent d'ailleurs bien volontiers dans les interviews que j'ai pu lire.

 

 

Un autre effet amusant concerne le vocabulaire BD : on parle de studio pour un groupe de coloristes ou de dessinateurs travaillant ensemble, on parle comme au cinéma de scénaristes, on évoque le terme de séries pour une suite d'albums d'un même héros. On estime que le cinéma, le 7ème art, descend du dessin animé. La Bande Dessinée est le 9ème art, elle a intégré le vocabulaire du cinéma. Et comme je viens de le montrer la Bande Dessinée nous ramène au dessin animé ; la boucle est bouclée !

 

- le contenu même de notre beau journal de Spirou reflète cette proximité entre BD et Dessin Animé. Sous l'effet de cette influence mutuelle, le beau Journal de Spirou a proposé à ses lecteurs des montages et des gadgets ayant un lien fort avec le dessin animé. L'identification et la description de ces contenus fait l'objet de ce dossier.

 

2. Les suppléments ou rubriques du journal ayant un lien avec le dessin animé

La première animation proposée dans le journal remonte à 1953 (Spirou n° 786). Dans le cadre de la rubrique "le coin des dégourdis", Eddy Paape propose un petit découpage avec ce titre accrocheur "Voulez vous vous donner l'illusion du cinéma" (cf scan ci dessous)

 

Grâce à l'habileté de Christophe Schneider, voici le résultat pour ceux qui n'auraient pas le courage d'effectuer le montage :

 

 

Dans le n°1018, les petits lecteurs du beau journal de Spirou bénéficient d'un cours sur la technique du dessin animé par le Fureteur

 

 Dans le numéro 1055 Morris propose le premier dispositif permettant au lecteur de recréer du mouvement.

 

Le magnifique poster de l'exposition 1958 de Bruxelles est complété sur le bas et sur les deux faces par une mystérieuse bande dessinée partiellement hachée et un petit celluloïd est collé sur la feuille.

 

 

En voici le mode d'emploi

 

Alors bon, c'est un peu compliqué, mais ça marche. Les preuves ci dessous fabriquées en .gif par Christophe Schneider

Pour voir la totalité des gif du 1005 cliquez ici

 

 

En 1960, Morris récidive dans le numéro 1147 avec, tenez vous bien, le polypapyrotachytrope ! Il n'y a pas que le nom qui soit compliqué. Il faut manifestement à nos petits lecteurs beaucoup de patience pour mener à bien ce montage. Jugez en vous même

 

Les images sont proposées sur un support de grande dimension glissé dans le journal.

 

Voici, là encore superbement mis en scène par Christophe Schneider, les  .gif tirés de ce supplément.

Dans le n°1257 de 1962, Ryssack  nous présente des studios de la TVA (!) un reportage sur la sonorisation d'un dessin animé

 

Et dans le 1281 c'est Eddy Paape qui explique à un lecteur la filiation du cinéma avec le dessin animé ...

 

En 1963, dans le n° 1316, Morris nous propose un nouveau supplément - bricolage : le phénakistiscope

 

En voici le mode d'emploi

 

.... et les .gif animés, toujours dus au talent de Christophe Schneider

Pour voir la totalité des gif du 1316 cliquez ici

 

Dans le n°1650 du 27 novembre 1969, tous les dessinateurs vedette du journal (Will, Jidéhem, Kiko, Peyo, Remacle, Fournier, Franquin, Roba, Tillieux et Macherot contribuent à un supplément de deux planches permettant de construire 12 petits dessins animés. J'ignore qui est le concepteur.

Voici ce supplément et son mode d'emploi, imprimé au verso.

 

Une des images animée en.gif par votre serviteur .....

....et les autres par Christophe Schneider

Pour voir la totalité des gif du 1650 cliquez ici

 

La même année, pour le numéro 1653 de Noël 1969, le beau journal de Spirou offre à ses lecteurs un magnifique supplément "le Spirou Ciné" accompagné du film "Bobo et la cruche"

 

Un peu de colle, du scotch, voici la notice de montage :

 

Notre beau journal de Spirou proposera un nouvel exemplaire du Spirou Ciné dans le n° 1693 avant de publier une série de films sous forme de suppléments :

- 1970 dans le 1694 : Bobo et le gâteau

- 1970 dans le n° 1700 : Bobo et la soucoupe volante

- 1970, n° 1703 : Bobo et le bout de papier

Voici un court extrait de "Bobo et le gâteau"

 

Voici des mises en image très réussie par Christophe Schneider de ces films dont Bobo est la vedette : cliquez ici

 

 

Notons en 1984 (Spirou n° 2429) un reportage sur les dessins animés tirés des albums de Lucky Luke "

 

 ..... sera suivi jusqu'à nos jours de reportages réguliers sur le Dessin Animé (liste non exhaustive) :

en 1988 (Spirou 2607) celui sur "les petits Schtroumpfs",

en 1988 (Spirou 2635) un reportage intitulé "Comment détecter un dessin animé japonais"

en 1992 un reportage sur Spirou en dessin animé "Spirou 2816),

en 1993 un canular intitulé "Le petit Spirou : le film" (Spirou 2868),

en 1994 un reportage sur le Festival du dessin Animé et du film d'animation (Spirou n° 2912), un reportage "Spirou s'anime" et "12000 dessins pour 21 mn de bonheur" (Spirou 2944 et 2945), un reportage sur le festival du dessin animé de Bruxelles (Spirou 3122),

en 1999 "Le festival très animé du dessin animé" (Spirou 3173),

en 2000 un reportage sur le "Festival de dessins animés" (Spirou 3228),

en 2007 un reportage sur le dernier film de Lucky Luke "Tous à l'ouest" (Spirou 3634) et un reportage sur Spirou et Fantasio ne Dessin Animés (Spirou Hors série)

en 2008 un article intitulé "De la bande dessinée au dessin animé" (Spirou 3642).

Fin 2009, après 39 ans d'interruption, un auteur renoue avec cette tradition Spirou de proposer des animations. Cet auteur s'appelle Libon et, dans le n° 3736, il livre aux abonnés un supplément de 4 pages intitulé "Le flipbook de Jacques". Jacques, c'est "Jacques le petit lézard" qu'il dessine depuis 2005 dans notre beau journal de Spirou. Le principe d'animation est toujours basé sur la persistance rétinienne.  Voici ci dessous le mode d'emploi, les scans des 4 pages du supplément joint au journal et une superbe mise en animation par Christophe Schneider.

 

 

Scan du supplément

 

 

L'animation

 

2017    Après Libon en 2009, Nix se risque à une animation schtroumpfante dans le numéro 4121.

Comme en 2009, il s'agit d'un "Flipbook" à construire. Le principe d'animation est toujours basé sur la persistance rétinienne. 

 

La mise en animation est (toujours) de Christophe Schneider (mille mercis).